Les candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ne veulent parler que de sujets très locaux… et oublier le reste. Ils ont tort, beaucoup d’électeurs salueraient une cohérence de pensée et des engagements qui suivent.
A Strasbourg par exemple, la guerre des affiches pour ces élections municipales a débuté dès l’automne 2025. On parle tram et circulation, migrants et même Palestine. Mais personne ne semble se soucier du déclassement de la ville: plus de 80 centres de décision administratifs, professionnels ou associatifs ont quitté Strasbourg en 10 ans. Strasbourg en déconstruction…



Élections municipales : oui à un enracinement régional
Dans leur communication (audio-visuelle, écrite et lors des réunions et meetings), les candidats annoncent souvent leur attachement à l’identité alsacienne, qu’il s’agisse de la langue et de la culture régionales ou du droit local particulièrement important pour les communes. L’utilisation du dialecte et – de manière plus prosaïque – la prononciation du patronyme sont des « preuves » possibles de cet engagement. Les exemples abondent de personnalités qui « oublient » leurs racines ou qui s’emploient à passer l’Alsace « sous silence » parce que cela ne rapporterait pas de voix, cela cliverait plutôt… Dans le respect de la diversité et de l’ouverture, nos traditions ne doivent pas être victimes d’une soi-disant « modernité ». Rappelons-le lors de ces élections municipales.
Demandons des actions concrètes
Les compétences des collectivités territoriales permettent de valoriser le patrimoine alsacien et d’aider à sa transmission aux nouvelles générations. Plusieurs domaines de l’administration et de l’action publiques peuvent donner lieu à des initiatives fructueuses :
- La place de l’alsacien dans les services à la population (accueil, conseil, etc.) ;
- Les crèches et activités périscolaires, ainsi que le sport et les loisirs de jeunesse ;
- Le soutien à la mise en place de filières d’enseignement bilingues français/allemand (y compris par immersion) ;
- L’octroi de subventions à des projets culturels valorisant l’héritage régional ;
- Le choix d’une toponymie d’inspiration locale (personnalités, anciens lieux-dits plutôt que des appellations génériques sans âme (rue des Chênes, impasse du Muguet) ;
- La protection du patrimoine, qu’il s’agisse des sites naturels ou des édifices remarquables.
La vigilance s’impose pour les programmes électoraux, souvent riches de promesses et de platitudes, mais qui doivent donner des exemples précis et concrets, permettant l’évaluation de leur mise en œuvre. N’hésitons donc pas à demander des engagements concrets aux candidats.
Penser l’Alsace
L’année prochaine sera un « tremplin » pour 2027, avec une élection présidentielle cruciale et de probables élections législatives. Avant cela, n’oublions pas les sénatoriales de l’automne 2026, qui pourraient adresser à Paris un signal fort réclamant le démantèlement du Grand Est. Les candidats aux élections municipales comme aux autres élections doivent donc être sollicités pour connaitre leur position à propos de l’avenir de l’Alsace, sur la base de la résolution votée par la Collectivité européenne d’Alsace le 18 décembre 2023 en faveur d’un statut particulier (conformément à l’article 72 de la Constitution).
Toutes ces questions peuvent et doivent animer le débat civique. A nous d’interpeler les candidats sur ces sujets. Et aux candidats de faire entendre clairement leur voix, s’ils demandent les nôtres !
Théo Leblé, 23 septembre 2024
Fonctionnaire de métier, Théo Leblé n’en oublie pas pour autant l‘Alsace!
P.S. En 2020, en pleine pandémie du Covid-19, le calendrier des élections municipales avait été « bousculé » et la participation fortement impactée, sans que des conséquences sur l’organisation du vote ne soient tirées de cette situation inédite : toujours pas de vote par correspondance. Cette question pourrait être soulevée lors de la campagne, même si d’autres thèmes seront sans doute prioritaires.




