Les réactions des directions nationales des partis écologiste EELV et socialiste sur les fusions de listes de gauche à Strasbourg sont très éclairantes.
Olivier Faure, le contorsionniste du Parti socialiste
Ce 17 mars 2026, dernier jour pour fusionner les listes en vue du deuxième tour des élections municipales, Olivier Faure, Secrétaire général du Parti socialiste, s’est livré à un exercice de haute voltige sur X/Twitter:


On vous résume la position d’Olivier Faure: il condamne « au plan national » LFI pour ses propos à teneur antisémite (notamment les récents propos de Mélenchon sur Epstein et Glucksmann qui rappelaient les fameux calembours antisémites de Jean-Marie Le Pen), mais justifie les fusions locales avec des listes LFI pour garder ces villes à gauche. Vous avez dit grand écart?
Par contre, quand une socialiste historique comme Catherine Trautmann, arrivée en tête du premier tour des élections municipales, fusionne (absorbe en fait) la liste du centriste Pierre Jakubowicz, arrivé en 6ème position à ce premier tour, la ligne rouge est franchie! Car le parti Horizons présidé par Edouard Philippe auquel appartient Pierre Jakubowicz appartiendrait à « la droite dure »… Tandis que LFI, ce n’est pas la « gauche dure », non…
On remarquera que le parti Horizons a fait de même, dénonçant la fusion avec la liste Trautmann et retirant son investiture à Pierre Jakubowicz pour la donner à Jean-Philippe Vetter.
La France est vraiment partagée en deux – plutôt trois en prenant en compte le Rassemblement national – camps irréductibles. La culture de compromis à l’allemande… c’est juste bon pour nos voisins badois, où les écologistes gouvernent le Land de Baden-Württemberg avec les chrétiens-démocrates depuis 2021.
EELV et le « front antifasciste »
Fin février 2026 encore, il y a moins de trois semaines, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier, Secrétaire nationale des écologistes d’EELV, échangeaient des amabilités par médias interposés: « venimeuse », « tonton flingueur », « clichés sexistes ». L’ambiance a là aussi changé du tout au tout, les deux formations s’entendant sur un « front antifasciste ». Les fascistes doivent inclure à Strasbourg non seulement Jean-Philippe Vetter (LR), arrivé en seconde position au premier tour, mais aussi Catherine Trautmann maintenant qualifiée de « femme de droite » par Jeanne Barseghian. Voilà qui justifie sûrement la fusion de la liste EELV de Jeanne Barseghian avec celle du LFI Florian Kobryn.
Notons que Place Publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, s’est retiré de cette liste fusionnée: le « front antifasciste » ne lui suffit apparemment pas pour avaler les injures de Mélenchon, il ne doit pas être assez à gauche.
Rassurez-vous braves gens, ces bisbilles ne dureront que le temps de l’élection. Tout ce petit monde de gauche saura certainement se retrouver, au plan national cette fois, pour la prochaine élection : la présidentielle de 2027.
Benoît Kuhn – 17 mars 2026




