cérémonies du 11 novembre

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Pour un 11 novembre respectueux de l’histoire et de nos morts Feldgrauen

S’il est légitime, sur la quasi-totalité du territoire français, de chanter la Marseillaise pour honorer les Poilus le 11 novembre, cet hommage ainsi que le discours proposé par le ministère des Armées sont incongrus en Alsace et Moselle. Parce que nos arrière-grands parents, dans leur grande majorité, ont combattu dans l’armée impériale en tant que citoyens allemands. Face au refus obstiné de l’Etat français de reconnaître la réalité historique propre à ces régions, l’association Unsri Gschìcht (« Notre histoire ») veut rétablir la vérité historique et vient d’écrire aux 1 604 maires d’Alsace et de Moselle pour les inviter à organiser, dans leur commune, une cérémonie respectueuse de l’histoire pour ce 11 novembre 2021 .

En 14/18, les Feldgrauen d’Alsace-Moselle n’avaient pas le cœur français. Pourtant, L’Etat persiste à diffuser un véritable mensonge – « le soldat alsacien-mosellan de la Grande Guerre, Français de cœur, a été contraint de se battre du côté de l’Allemagne »[1] – au motif que la reconnaissance de la réalité historique de l’Alsace et de la Moselle… menacerait l’unité nationale !

11 novembre: une triple mort et un amalgame honteux pour nos Feldgrauen

Sur les monuments aux morts, les prénoms des 50 000 Feldgrauen alsaciens-mosellans enterrés aux côtés de leurs compagnons d’armes prussiens, bavarois ou wurtembergeois dans les cimetières militaires allemands ont été francisés alors que les Josef, Karl ou Franz – nés et morts allemands – ne se sont jamais appelés Joseph, Charles ou François. Cela équivaut à une seconde mort… La troisième mort étant celle que leur inflige l’Etat en déformant ou en effaçant leur mémoire auprès des nouvelles générations.

De la même manière, qualifier de Malgré-nous les Feldgrauen d’Alsace-Moselle de la Première Guerre mondiale constitue un amalgame honteux avec le contexte dramatique des enrôlés de force par le régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale.

Unsri Gschìcht en appelle aux maires d’Alsace et de Moselle

Pour la troisième année consécutive, Unsri Gschìcht invite les maires à affirmer la réalité historique de leur commune en organisant, selon un protocole qui leur est proposé sur le site unsrigschicht.org, une commémoration du 11 novembre vraiment respectueuse de la mémoire de leurs morts ; le sacrifice des Feldgrauen n’étant ni plus ni moins honorable que celui des Poilus.

« Plusieurs maires ont d’ores et déjà répondu à l’appel d’Unsri Gschìcht en s’engageant à prononcer le 11 novembre un discours différent de celui de la ministre des Armées » se réjouit le Dr Eric Ettwiller, président d’Unsri Gschìcht, en citant le cas de Pia Imbs à Holtzheim, Daniel Burrus à Neuwiller-lès-Saverne ou encore Alexandre Berbett à Dannemarie.

11 novembre Feldgrauen Pia Imbs Holtzheim
Cérémonie du 11 novembre 2019 à Holtzheim tenue par la maire Pia Imbs avec des figurants Feldgrauen aussi bien que Poilus

Car le frein essentiel, identifié par le réseau des délégués communaux du 11 novembre d’Unsri Gschìcht qui, sur le terrain, rencontrent les maires, « c’est la peur panique de beaucoup d’entre eux d’être accusés de… pangermanisme ! » s’étonne Eric Ettwiller pour qui « cette posture, incompréhensible en 2021, s’explique par l’équation « Alsacien = Allemand = nazi » que la France a imposée après la Libération de 1945 et qui explique aussi, en grande partie, l’abandon de la pratique dialectale, alémanique et francique, en Alsace et en Moselle. Un drame pour notre patrimoine culturel ».

Pour une reconnaissance officielle de la biculturalité et du bilinguisme

« Rétablir la vérité historique en Alsace et en Moselle est un travail de longue haleine » reconnait le président d’Unsri Gschìcht « tant le roman national distille, depuis la IIIe République, une représentation franco-française de l’identité alsacienne et mosellane, sans jamais s’intéresser aux réalités vécues par les Alsaciens et les Mosellans eux-mêmes ! ».

« A travers notre action du 11 novembre », explique Eric Ettwiller, « nous voulons que nos concitoyens n’aient plus honte de la part germanique de leur culture alsacienne ou mosellane, que cesse le frelatage indigne de notre histoire issu du roman national qui nous amène à perdre notre langue au motif qu’elle ressemble trop à celle parlée Outre-Rhin. Ce que demande Unsri Gschìcht, c’est la reconnaissance officielle de notre biculturalité, notre identité à la fois allemande et française, condition préalable au développement du bilinguisme qui, à l’opposé de ce que prétendent ses détracteurs, ne constitue pas un repli sur soi (!) mais, au contraire, une ouverture sur l’Europe et le monde. Car renier notre histoire, c’est renier notre langue » conclut le Dr Eric Ettwiller.

Eric Mutschler, secrétaire général de l’association Unsri Gschicht, 10/11/2021
Unsri Gschìcht (en français « Notre histoire » ; en allemand « Unsere Geschichte ») est une association de défense et de promotion d’une histoire factuelle de l’Alsace et de la Moselle à travers la recherche, le travail de pédagogie et le dialogue, fondés sur l’exigence scientifique et le respect des libertés et des opinions.

[1] Extrait de la lettre d’Eric Lucas, directeur de cabinet de la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées du 23 décembre 2019

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Pia Imbs à Holtzheim, Victor Vogt à Gundershoffen, Daniel Burrus à Neuwiller-lès-Saverne et d’autres à Quatzenheim et ailleurs. Des maires se réapproprient le 11 novembre de façon inclusive, pour célébrer tous les morts de ce carnage, Feldgrauen alsaciens inclus, et pas seulement les Poilus français.

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