L’exposition alsacienne de l’année est à… Paris. Peintures, y compris la Vierge au buisson de roses, gravures et dessins: presque tout Schongauer est à voir au Louvre jusqu’au 20 juillet 2026.
Martin Schongauer illustre parfaitement la rhénanité de la culture alsacienne: né en 1445 à Colmar, il est issu d’une famille d’orfèvres venue d’Ulm quelques années plus tôt. Sa carrière de peintre religieux et graveur se déroule à partir de 1470 à Colmar puis à Breisach sur la rive droite du Rhin (actuellement Vieux-Brisach/Alt-Breisach) dont il devient citoyen en 1489 pour y mourir en 1491.
Martin Schongauer, l’artiste parfait
La première partie de l’exposition se concentre sur les œuvres de Martin Schongauer. En premier lieu les peintures. Bien que l’humaniste alsacien Jakob Wimpheling ait indiqué que l’atelier de Martin Schongauer exportait dans toute l’Europe, moins de dix peintures nous sont parvenues. Sauf une, elles sont toutes présentes au Louvre jusqu’au 20 juillet 2026, y compris la Vierge au buisson de roses (1473) réalisée pour le couvent des Dominicains à Colmar.


Ce chef d’oeuvre se distingue par sa construction élaborée, sa richesse iconographique et le réalisme des détails, ici le drapé de la robe et la couronne de la Vierge. Ces détails revêtent souvent une valeur symbolique, comme il est de coutume à l’époque pour les peintures religieuses. Le jardin clos autour de la Vierge symbolise sa virginité, le chardonneret à tête rouge – couleur du sang – la passion du Christ, les mains du bébé dans la chevelure de la Vierge traduisent l’amour entre l’enfant Jésus et sa mère.
Les gravures et leur réception à travers l’Europe
La seconde salle de l’exposition se concentre sur son œuvre gravée, quelque cent dix estampes aux sujets variés, et l’influence qu’elle a eu sur les générations suivantes, notamment Albrecht Dürer (grand admirateur de Martin Schongauer) et le strasbourgeois Hans Baldung Grien. Cette influence s’étend même jusqu’en Espagne comme en témoigne un retable de Saragosse (Espagne) reprenant le thème de la tentation de Saint Antoine.


Dans ses estampes se mêlent maîtrise technique, fluidité de la ligne et subtilité des dégradés de noir et de blanc. Ses gravures sont fouillées, presque surchargées, il faut s’approcher pour distinguer les détails. Heureusement, des vidéos explicatives les présentent agrandies et en facilitent la découverte.

Une exposition « trois étoiles » comme dirait le guide Michelin : vaut le voyage à Paris !
Benoît Kuhn, avril 2026 – Photos: DR




