Élections municipales 2026

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« Rassemblés pour Schilick » avec Dera Ratsiajetsinimaro et Bénédicte Matz

Le cadre de vie plutôt que l’écologie punitive, c’est le mot d’ordre de la liste centriste « Rassemblés pour Schilick » qui part à l’assaut de la mairie de Schiltigheim pour ces élections municipales 2026.

Dera Ratsiajetsinimaro et Bénédicte Matz, les deux têtes de la liste "Rassemblés pour Schilick"
Dera Ratsiajetsinimaro et Bénédicte Matz, les deux têtes de la liste « Rassemblés pour Schilick »

Notre entretien commence sous de bons auspices : Dera Ratsiajetsinimaro, tête de liste de « Rassemblés pour Schilick », et sa n°2 Bénédicte Matz arborent tous deux le « Bändele », ruban rouge et blanc symbole du retour à une région Alsace. Une évidence pour Bénédicte Matz, pédiatre de métier et auparavant candidate Unser Land aux législatives, mais aussi pour Dera qui s’inscrit dans la « majorité alsacienne ».

Dera Ratsiajetsinimaro, 45 ans, né à Madagascar, est venu à Strasbourg en 1998 pour poursuivre des études de statistiques et d’économétrie et s’est établi à Schiltigheim en 2005. Père de trois enfants, commercial en assurances, il s’est engagé en politique dès 2014 où il a été élu conseiller municipal sur la liste de Jean-Marie Kuttner. Réélu en 2018 et 2020, Dera est conseiller municipal d’opposition à la majorité écologiste, socialiste et communiste de la maire Danielle Dambach. « Fier d’être schilikois », il mène pour ces élections municipales 2026 une liste apolitique mais d’inspiration centriste (et soutenue par LR). Principal adversaire : la liste d’union de la gauche (sans LFI) menée par Nathalie Jampoc-Bertrand, 1ère adjointe sortante (Danielle Dambach « passe le relais » et ne figure qu’en 5ème position sur la liste). Notons que l’ancien maire Jean-Marie Kuttner marque son soutien à Dera Ratsiajetsinimaro en figurant en dernière position sur la liste « Rassemblés pour Schilick ».

Schiltigheim, deuxième ville de l’Eurométropole de Strasbourg

Schiltigheim, c’est une tradition ouvrière et brassicole, c’est 35 000 habitants dont 26% en-dessous du seuil de pauvreté. Schiltigheim, c’est aussi deux dossiers emblématiques pour l’Eurométropole : le projet de tram nord, soutenu par les majorités écologistes de Strasbourg et Schiltigheim et finalement annulé fin 2024 ; la «  friche industrielle », 13 hectares en plein centre ville, de l’ancienne usine Heineken arrêtée fin 2025.

Faut-il vraiment un tram à 300 millions € (voire 400) pour Schiltigheim ?

Le projet de tram nord Strasbourg-Schiltigheim-Bischheim finalement recalé par la Commission d'enquête fin 2024
Le projet de tram nord Strasbourg-Schiltigheim-Bischheim finalement recalé par la Commission d’enquête fin 2024

Le projet de tram nord desservant Schiltigheim avait été chiffré initialement à 140 millions €, puis à presque 300 millions € pour 4,8 km et 9 stations. Autant dire 400 millions €, le temps de remettre le projet sur les rails et de le mener à terme (2030 ?). Probablement le tram le plus cher du monde au km, souligne Dera, et une « usine à gaz » qui aurait rendu impossible la circulation au centre de Schiltigheim tout en laissant de côté les quartiers sud et nord-ouest.

Des bus à haut niveau de service (BHNS), comme Strasbourg en utilise déjà (lignes G et H), et Metz aussi, pourraient être une alternative bien moins coûteuse : moins d’infrastructures au sol, même en site propre, et chaque bus – électrique ou à hydrogène – ne coûterait que 850 000 €. L’idée avait été évoquée pour relier Strasbourg nord à Schiltigheim dans les années 2010 avant de céder la place à ce projet de tram presque dix fois plus cher. Il faut repenser le projet à la base, propose Dera, et (re)prendre le temps de regarder et comparer toutes les solutions.

Un écomusée brassicole en plus du collège et d’un marché couvert sur la friche Heineken

usine Heineken à Schiltigheim mars 2026
L’usine Heineken (ex-Brasserie de l’Espérance) désaffectée depuis fin 2025: une « friche industrielle » de 13 ha au centre de Schiltigheim

L’Eurométropole a déjà délibéré pour préempter le terrain quand Heineken le mettra en vente, pour un coût qu’on peut estimer à 70-80 millions €. « Rassemblés pour Schilick» soutient le vœu de la Collectivité européenne d’Alsace d’y installer un collège et des salles de sport, et propose également d’y créer un écomusée pour garder vivante la tradition brassicole à Schiltigheim. Un marché couvert (avec parking), qui fait défaut actuellement, un nouveau bâtiment pour la mairie, ainsi que des bureaux et logements compléteraient le dispositif à financer majoritairement par le secteur privé dans le cadre d’un PPP (partenariat public privé).

Le cadre de vie en 4 grands thèmes

Bénédicte Matz insiste de prime abord sur la nécessité d’instaurer une « démocratie participative » à Schiltigheim, avec des rencontres mensuelles avec les citoyens dans le cadre d’une concertation qu’elle juge très insuffisante actuellement. Les commerçants en particulier se plaignent de travaux incessants et non coordonnés (la même rue éventrée plusieurs fois par an) qui font fuir la clientèle.

Cette concertation doit améliorer le cadre de vie en favorisant la mise en place d’actions concrètes suivant 4 grands thèmes. La sécurité en premier avec une augmentation de la police municipale de 10 à 17 personnes et un local dédié (pas juste un bureau à la mairie) pour pouvoir être disponibles 20h sur 24. Dera veut aussi augmenter le nombre de caméras de surveillance, de 20 à 150, en rapatrier la gestion de Strasbourg à Schiltigheim et ainsi augmenter la durée de conservation des images à 3 semaines. Ce volet sécurité se doublera d’un volet prévention géré par Bénédicte Matz en impliquant parents et enfants : ateliers sur la parentalité pour que les parents se réapproprient l’autorité, éducation civique à l’école de la maternelle au CM2 pour éviter les incivilités, actions auprès des clubs sportifs.

Côté circulation, il faut revoir le « labyrinthe actuel » pour redonner plus de fluidité. Ce qui inclut le stationnement pour lequel Dera propose un abonnement gratuit pour les résidents. Plus de propreté aussi avec des actions de répression mais également de sensibilisation contre les dépôts sauvages d’ordures, et plus d’exigences vis-à-vis des services de voirie gérés par l’Eurométropole. Enfin, des actions de terrain pour améliorer le cadre de vie à Schiltigheim : défendre le patrimoine architectural, développer le bilinguisme et pratiquer une « écologie positive plutôt que punitive» avec plantation de 2 000 arbres pendant la mandature, des îlots de fraicheur dans la ville et la promotion de circuits courts pour approvisionner les cantines.

Alors que Strasbourg semble prête à sanctionner la municipalité écologiste sortante de Jeanne Barseghian, Schiltigheim fera-t-elle de même ? Réponse les 15 et 22 mars 2026.

Benoît Kuhn, Éditeur – 9 mars 2026

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